Hôtel-Restaurant "La Véranda" - QG des MRA

Ville réelle : Tamatave
Population : 300 813 habitants
Orientations politiques : Régionalistes / Communistes / Libéraux
Répondre
Avatar du membre
Fanilo Nomenjanahary
Député fédéral
Messages : 117
Enregistré le : 01 juin 2017, 10:15

Hôtel-Restaurant "La Véranda" - QG des MRA

Message par Fanilo Nomenjanahary » 25 juin 2017, 17:39

Hôtel-Restaurant "La Véranda" - QG des Milices Révolutionnaires d'Antsiranana
Résidence temporaire du Commandant Nomenjanahary

Image




Avatar du membre
Fanilo Nomenjanahary
Député fédéral
Messages : 117
Enregistré le : 01 juin 2017, 10:15

Re: Hôtel-Restaurant "La Véranda" - QG des MRA

Message par Fanilo Nomenjanahary » 02 août 2017, 13:25

Fanilo venait de quitter son bureau à l'Hôtel de Ville, et il avait roulé à tombeau ouvert, jusqu'à La Véranda. Il n'avait pas eu le temps de ruminer sur le trajet. Les longues heures passées seul dans son grand bâtiment municipal, lui avaient semblé un enfermement insupportable. Il y avait tourné comme un lion en cage. Là, il avait besoin de respirer. De revoir ses amis, ses camarades. Les seuls qui étaient restés. Les marristes s'étaient quelque peu éloignés depuis qu'il avait endossé l'étiquette régionaliste, même s'ils clamaient haut et fort une proximité idéologique. Mais Fanilo n'avait pas besoin de ça. Il avait besoin de retrouver la racine de son combat.

Il entra dans le restaurant.


- Joshua ! Où sont les gars ?, cria-t-il à la dérobée.
- Commandant Fanilo ! Quel plaisir de te voir, lui répondit ledit Joshua. Entre ! Ils sont dans l'arrière salle.

Il poussa la double-porte battante qui gardait une salle obscure. Des hommes en treillis y étaient attablés, fumant, buvant, jouant aux cartes. Quelques filles courtement vêtues se redressèrent en voyant débarquer le lion enragé qu'était Fanilo à cet instant. La plupart s'éclipsèrent. Les hommes, eux, ne bougèrent pas. Ils échangèrent des regards appuyés avec le Commandant. La tension était palpable. Puis Fanilo commença à rire, doucement. Son visage finit par se fendre d'un éclat de rire tonitruant. Il fut bientôt imité par la demi-douzaine d'officiers présents dans la salle, goguenards. L'un d'eux s'approcha.

- On commençait à se dire que tu nous avais oublié, Commandant, lui dit l'homme à la carrure impressionnante qui lui tendait une main gigantesque.
- Oh non ! Malik, je ne vous ai pas oublié ... A mon plus grand regret d'ailleurs ! conclut le Commandant en attrapant le géant dans une accolade virile.

Les rires fusèrent à nouveau. Fanilo empoigna une bouteille de rhum d'Île-Kana, dont il but le quart en quelques gorgées. L'hilarité s'estompa un peu quand Fanilo finit par s'asseoir.

- Mes camarades, je vais quitter la municipalité.

Les regards se figèrent. Toute l'attention se cristallisa autour des prochains mots qui allaient sortir de la bouche de Fanilo. Il poursuivit.

- Il faut rappeler qui-vous-savez. C'est lui qui avait raison. Le tremplin politique ne peut pas se faire si l'on ne mène pas dans le même temps, la guérilla que mérite notre peuple. Et la Municipalité de Port-des-Indes est un placard où l'on m'enferme en espérant que ma révolte s'assèche.

Les miliciens poussèrent un hourra. Il continua.

- Port-des-Indes mérite sa rébellion. Comme toutes les autres villes. Et je ne pourrais pas m'occuper de celle-ci, en restant les pieds et poings liés par des contingences adminsitratives !

Acclamations.

- Nous allons, ensemble, fonder une force qui marchera sur deux jambes. L'une politique, que j'alimenterais avec ma connaissance du terrain médiatique. Et l'autre, militaire, qui nous fera reprendre nos positions endormies, dans la brousse d'Antsiranana, des jungles jusqu'aux montagnes. Je veux que vous preniez le maquis. Allez rallumer les postes de contrôle. La Frôce doit se souvenir que nous ne sommes pas une région comme les autres.

Il fit signe à l'un des hommes de lui apporter une carte. Il envoya à terre tout ce qui traînait sur la table, et étala son plan.

- Nous devons prendre le lac Alaotra, c'est le point névralgique le plus proche pour une action de grande ampleur stratégique. Si nous le maîtrisons, nous tenons le Grenier d'Antsiranana. Toutes les rizières alentours seront sous notre contrôle. Avec ce pouvoir économique, nous pourrons négocier des accords avec le Sud de l'île, qui verra d'un bon oeil notre travail pour plus d'indépendance.

Les regards satisfaits appuyaient la validation du plan.

- Que chacun d'entre vous mobilise 20 hommes. Que ces 20 hommes en mobilisent 20 à leur tour. Et rendez vous dans notre QG du parc Zahamena.

Un homme qui s'était éclipsé pour passer un appel revint, visiblement agité et excité.

- Il arrive !

Fanilo esquissa un sourire. Revoir une vieille connaissance était toujours un plaisir. Même lorsqu'ils ne s'étaient pas quitté en très bon termes.




Avatar du membre
Louison Tojoranahery
Vice-gouverneur
Messages : 20
Enregistré le : 02 août 2017, 16:48

Re: Hôtel-Restaurant "La Véranda" - QG des MRA

Message par Louison Tojoranahery » 02 août 2017, 21:33

Deux jeeps roulèrent devant La Véranda et s'immobilisèrent devant l'entrée.
Des hommes en uniforme de miliciens sortirent du premier véhicule. Parmi eux, Louison Tojoranahery, avec ses lunettes de soleil, et son béret rouge qui indiquait son rang au sein des MRA. Il était venu, accompagné de ses plus fidèles lieutenants, pour rencontrer Fanilo, son ancien ami et camarade de lutte pendant des années, qu'il n'avait pas vu depuis bien longtemps.

Louison avait eu vent des déboires du Commandant dans sa tentative de libérer politiquement le pays du joug impérialiste. Lui, ça ne le surprenait pas plus que ça.
La politique, un beau théâtre de marionnettes pour Louison. Il savait qu'il avait eu raison de décourager Fanilo de se laisser entraîner là-dedans. Au mieux, il aurait été un gouverneur contraint de se soumettre à un gouvernement occidental oppressant, au pire, il aurait fini coincé dans l'administration d'une petite ville où il tomberait dans l'oubli.
Mais Fanilo Nomenjanahary était aimé, populaire chez les Malagasy, et forçait le respect chez les colons frôceux. Il se sentait déjà prêt à prendre la tête d'un gouvernement autonome d'Antsiranana. Vainement jusqu'à présent.
Louison le savait, la révolution ne viendrait pas sans ceux qui s'étaient préparé à se battre jusqu'à la mort pour leur peuple. Le Camarade Tojoranahery était de ceux-là, c'est pour ça qu'il avait accepté de revenir - mais c'est aussi pour ça que leurs chemins avaient fini par se séparer quelques années auparavant.
Mais après la victoire de la marionnette du RPL en Antsiranana, il avait espoir que Fanilo retrouverait ses esprits et jouerait vraiment son rôle de Commandant dans la révolte qui se préparait.
Ce serait aussi l'occasion pour deux vieux amis de se revoir et peut-être de réparer des liens brisés trop vite.

Ça faisait une éternité qu'il n'avait plus remis les pieds à La Véranda. Il y avait pourtant beaucoup de souvenirs.
Il fit signe aux miliciens qui sortaient du deuxième véhicule de rester et surveiller les lieux. Il s’avança vers le bâtiment avec ses lieutenants et en entrant dans le restaurant, il vit Joshua.


- Salutations camarade ! Je suis venu pour voir le Commandant Nomenjanahary. Tu sais s'il est ici ?

Ce dernier avait été surpris par l'entrée en trombe de tous ces gars en uniforme. Néanmoins, on le vit sourire lorsqu'il reconnut Louison.

- Oui, tu peux le voir, il est dans l'arrière-salle, lui dit-il en lui montrant la double-porte battante.

Il fit signe à ses gars de le suivre.
Même s'il se savait attendu, il savait que cette visite allait être difficile. Il ralentit le pas et s'approcha, espérant peut-être aussi pouvoir entendre ce qui se disait dans cette salle sombre.

Il passa la double-porte battante et se retrouva au milieu de Fanilo et ses officiers. A nouveau un silence pesant s'installa dans la pièce. L'attention de tous les officiers étaient centrée sur les deux hommes.
Louison retira ses lunettes de soleil, fit un salut militaire devant le Commandant et se présenta.


- Camarade Tojoranahery, chef de section des Milices Révolutionnaires d'Antsiranana à Île-Kana, à Djébu et à Amaki.

Il s’avança vers le Commandant.

- Grand-tonton est dans la place, mon Commandant.

Il se mit à rire et fit une accolade à son ancien ami.

- Fanilo, c'est bon de te revoir !

Bien sûr, il n'avait pas oublié leur dernière altercation. Mais l'heure n'était pas aux reproches. Pour eux deux, cette rencontre était l'occasion de régler leurs désaccords et d'unir leur force, pour Antsiranana.



Commandant des MILICES RÉVOLUTIONNAIRES D'ANTSIRANANA
Camarade d'OLONA - LE PEUPLE
Commandant-maire d'ÎLE KANA


Avatar du membre
Fanilo Nomenjanahary
Député fédéral
Messages : 117
Enregistré le : 01 juin 2017, 10:15

Re: Hôtel-Restaurant "La Véranda" - QG des MRA

Message par Fanilo Nomenjanahary » 03 août 2017, 23:43

Fanilo était heureux de revoir Louison, ce camarade qu'il avait perdu de vue depuis près de deux ans. Il espérait que la rencontre ne serait pas trop difficile, les deux hommes s'étant malgré tout quittés en termes médiocres.

- Louison. Je suis heureux de te voir. Je t'en pris, prends place ! Je te serre un verre ? demanda-t-il en accompagnant sa proposition du geste.

Il le convia à s'asseoir devant la carte, ce qui fit l'homme qui adopta une mine réjouie.

- Ainsi donc, te voilà revenu dans le chemin de la raison, Fanilo.
- Je crois effectivement qu'il nous faut défendre l'autonomie pour Antsiranana. Comme du temps où nous avons combattu pour que le roayume ne soit pas rattaché au Sud et à Tana.

Louison acquiesça.

- Mais ... Je te dois la vérité Louison. Je n'ai pas l'intention de chercher l'indépendance pour autant.

Le chef de section tiqua, et pinça ses lèvres tout en fronçant les sourcils.

- En réalité, poursuivit Fanilo, nous allons viser l'autonomie maximale, en s'appuyant sur le pouvoir de la parole, et sur la force du combat.

Louison afficha une mine d'incompréhension.

- J'ai déposé les statuts afin de créer un parti régionaliste. Ainsi nous porterons le combat sur le terrain politique. Ou plutôt, je porterais le combat sur le terrain politique. C'est ma force. Et la tienne, c'est la stratégie de terrain.

Fanilo sourit. Puis il pointa du doigt la forêt de Zahamena.

- Nous allons établir le nouveau campement de base des MRA ici. Elles seront le bras armé, invisible de la lutte pour l'autonomie. Elle nous garantiront d'être entendus, même lorsque l'on essaiera de faire taire le parti. Et autant le parti saura se faire séduisant et plein des bonnes intentions nécessaires à l'aboutissement de notre projet; autant les MRA feront preuve d'exigence et de fermeté. Prêtes à tout pour le Peuple. Et c'est toi qui les conduira. Tu es le nouveau commandant des MRA, Louison Tojoranahery.



Répondre

Retourner vers « Port-des-Indes »