François Hollande laisse-t-il la France dans un meilleur état qu'il ne l'a trouvée ?

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Caroline di Savoia-Carignano
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François Hollande laisse-t-il la France dans un meilleur état qu'il ne l'a trouvée ?

Message par Caroline di Savoia-Carignano » 16 mai 2017, 18:03

Allez, pour inaugurer cette rubrique qui, je l'espère, va devenir dynamique, j'ouvre un sujet qui est plutôt d'actualité : le départ de l'ancien Président de la République, François Hollande, et surtout son bilan.

François Hollande a-t-il laissé le pays à Macron dans un état meilleur qu'il ne l'avait trouvé en 2012 comme il le prétend ?

Pour ma part, j'ai été extrêmement critique et virulent envers le Président Hollande durant la majorité du quinquennat. Mais dans un élan de constructivité et d'objectif, je me suis penché de près sur son bilan et, finalement, je ne l'ai pas trouvé si mauvais que ça. En tout cas, bien meilleur que celui de son prédécesseur qui avait laissé le pays dans un état social alarmant, avec une société totalement fracturée et un bilan économique finalement médiocre.

Au contraire, je reconnais à François Hollande les réussites suivantes :

◘ La grande avancée permise par la loi sur le mariage pour tous, qui n'a fait que rétablir un droit essentiel et qui aurait dû être universel depuis longtemps. Une loi populaire car souhaitée par la majorité des Français, même si ses opposants intégristes et réactionnaires ont fait beaucoup de bruit et de dégâts.
◘ Globalement, le bilan économique n'est pas si désastreux (si Marc passe dans le coin, il se fera sûrement un plaisir de développer :D ). L'action économique du gouvernement, notamment sous l'élan d'Emmanuel Macron et de Michel Sapin qui a assuré une continuité derrière, a été plutôt positive. Les résultats sont là : plus de décroissance mais une légère croissance (proche du flat, certes et même depuis fin 2016 en très légère perte). La politique économique keynésienne du début de mandat de Hollande n'était pas viable, du moins elle n'aurait pas pu inscrire la France dans une tendance croissante sur le long terme. Ravi que la gauche ait enfin pu oublier ses préceptes keynésiens.
◘ Il y a aussi le chômage. Alors oui, les chiffres sont souvent bidonnés par divers stratagèmes plus ou moins opaques, mais officiellement la courbe a été presque inversée, certes tardivement.
◘ L'environnement est le sujet sur lequel Hollande a été le meilleur. Il y a eu des avancées, la COP21 a été un succès et la France a été à la hauteur de son organisation.
◘ Une gestion tout à fait digne et humaniste des différents attentats qui ont frappé notre pays. On n'a définitivement rien à lui reprocher sur ce point.

Le sujet majeur sur lequel Hollande a échoué est, selon moi, l'éducation. Il n'y a pas eu immobilisme mais les réformes menées ont été incohérentes et surtout inabouties. Je pense qu'il s'agit là d'une erreur de casting. Je lui reprocherai également sa diplomatie bipolaire et son va-t-en guerre en Syrie dont nous avons dû supporter les lourdes conséquences. Et, enfin, ce quinquennat aura permis de faire émerger des personnalités que j'ai appris à apprécier comme Emmanuel Macron, Bernard Cazeneuve, Jean-Yves Le Drian ou Manuel Valls.

Finalement, le bilan de Hollande aurait pu être encore meilleur s'il n'avait pas été victime de cette fronde qui a en partie saboté son mandat. Dommage !

En tout cas, Hollande ne restera pas dans les annales, il n'est ni le meilleur, ni le pire président de la Vème République !




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Philippe Richard
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Re: François Hollande laisse-t-il la France dans un meilleur état qu'il ne l'a trouvée ?

Message par Philippe Richard » 16 mai 2017, 22:02

Je considère comme toi que le bilan en terme social, d'écologie, d'éducation et de transparence est un bon bilan. Concernant l'économie, si on regarde les chiffres du chômage, on passe de 9,7% en 2012 à 10% à 2017. Donc pour moi, Hollande a un bien meilleur bilan que Sarkozy.


Ancien Ministre fédéral et provincial

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Caroline di Savoia-Carignano
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Re: François Hollande laisse-t-il la France dans un meilleur état qu'il ne l'a trouvée ?

Message par Caroline di Savoia-Carignano » 16 mai 2017, 23:45

Par contre je ne suis pas d'accord pour l'éducation. Il y a de nombreux enseignants dans ma famille et dans mon entourage, et la plupart, qu'ils soient de gauche ou non, ont été extrêmement décontenancés par les projets protéiformes menés par Mme Vallaud-Belkacem. D'autant que la majorité n'ont pas été menés à terme. Je trouve que Belkacem a laissé l'école dans un état vraiment préoccupant.



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Anaïs Bérenger
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Re: François Hollande laisse-t-il la France dans un meilleur état qu'il ne l'a trouvée ?

Message par Anaïs Bérenger » 15 juil. 2017, 17:54

François Hollande a d'abord déplu en faisant presque l'unanimité des français contre lui par son style. Mou, niais, pas assez éloquent et trop décalé sur son optimisme jovial par rapport à l'état général de déprime et de pessimisme qu'il y a dans la population ces trente dernières années. En ce sens, Emmanuel Macron tranche par le regain d'optimisme et de confiance qu'il essaie de faire émerger avec le fameux "esprit de reconquête" parce que lui prétend ne pas être optimiste que pour son mandat, mais pour les français. Il y a une grande part d'intuition dans les choix de l'électorat...
Et en même temps, Macron a également tranché avec le retour à la verticalité du pouvoir qui séduit dans la population au regard de l'héritage romain, monarchique, impérial et gaulliste de la France. Personnellement je considère qu'on a plus de raisons d'avoir peur d'une dérive autocratique chez lui que les craintes qu'il y a avait vis à vis de Sarko. Sarko ayant au mois l'intelligence de se retenir et de se soucier excessivement de ce qu'on pense de lui.
Pour finir cette digression sur le nouveau président, s'il a réussi son pari en étant raillé de toutes parts, c'est parce qu'il a évité de parler des problèmes pour se concentrer sur "la vision d'un projet". Ça n'a aucun sens, mais ça fait moins peur qu'un bouleversement politique de grande ampleur. Et 2017, c'était l'année de tous les possibles, de l'extrême gauche à l'extrême droite.

Pour en revenir à Hollande et sur son bilan, je ne serais pas aussi conciliante. La réussite du précédent quinquennat est à trouver dans les mesurettes qui sans changer radicalement la conjoncture économique, gardent une relative efficacité dans le quotidien des gens directement concernés.

Il n'y a aucune raison de faire table rase des principes keynésiens car s'ils sont inefficaces c'est surtout parce que l'économie s'est ouverte depuis les années 70-80 au continent européen et au monde, avec pour conséquence des échanges asymétriques et inégaux. Libre échange chez nous, freins à l'installation dans les pays émergents avec les barrières douanières et les réglementations protectrices des tiers à l'UE (Chine, Qatar etc.).

L'économie réelle sera aussi longtemps congestionné que l'on laissera la finance internationale prospérer sa bulle fictive et maîtriser la circulation de la monnaie. Avec une masse monétaire qui ne cadre pas avec la valeur des richesses produites au niveau mondial, toute politique économique quelque soit sa sensibilité idéologique va droit dans le mur, condamnée à demeurer obsolète.

Le mandat précédent a été celui du franchissement du cap des 2000 milliards d'euros de dette publique. Avec un tel boulet, tout gouvernement élu qui ne remettrait pas en cause la légitimité de ces créances douteuses reste contraint de céder aux exigences des institutions financières vers un assouplissement des règles du droit du travail, la coupe des budgets publics et la réduction du rôle de l'Etat à sa stricte mission d'arbitre et non plus de régulateur en faveur des plus fragiles de la société (personnes comme entreprises).

Puisque c'est le sujet d'actualité en ce moment, je trouve pour ma part ridicule de penser qu'en détruisant les acquis sociaux des salariés dans le domaine du travail, on pense ainsi faire baisser le chômage. Comment intégrer dans une réflexion cohérente l'idée que faciliter les licenciements permettra de faire progresser les embauches ? Non, ça va juste permettre aux actifs de changer plus rapidement de statut en basculant du chômage à l'emploi précaire et vice-versa.

Le Code du Travail ne pèse une tonne que parce qu'on y a intégré les multiples amendements et dérogations réclamés par le patronat. Briser le CDI et le faire disparaître (c'est vers ça qu'on se dirige) va encore plus contracter l'économie et pèsera lourd dans les secteurs d'activité où les ménages doivent contracter un prêt pour se procurer les biens ou les services désirés (immobilier, automobile etc.) car l'emprunt bancaire n'est tamponné par les actuaires que si les revenus sont stables et permettent de garantir que les échéances de remboursement soient honorés. Avec un interim ou un CDD, on sait déjà que c'est un net refus.

J'aime bien l’enthousiasme des jeunes cadres dynamiques qui ont voté pour Macron sans savoir qu'ils allaient être traités à la même sauce. Les professions libérales et réglementées étant également visées par le rouleau compresseur ordo-libéral. L'illusion du salaire net qui augmente par rapport au brut va être de courte durée, et alors, ils commenceront à comprendre que la part de brut qui leur est prélevée, elle leur sert toute la vie contre les risques et les aléas sociaux quand leur salaire net ne vaut essentiellement que pour le court terme mensuel.


Anaïs Weil-Bérenger

Ministre fédérale de la Protection sociale
Maire d'Esperanto
Première Camarade du Mouvement des Amis de la République et de la Révolution.

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