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Rencontre

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Jean Bournay
Député fédéral
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Rencontre

05 janv. 2018, 02:01

Invité au Palais du Gouverneur suite à sa demande, Jean Bournay arriva un peu en avance ayant peur de se perdre loin de Dos Castillos ou de sa petite ville de Transalpie...
Il arriva auprès de Madame Odeja et s'installa en suivant la procédure d'arrivée que tout le monde connait et qu'il n'est nul besoin d'expliquer.
Après qu'elle fût appliquée, il s'assit dans son siège en face de celui de l'exécutif provinciale et prit la parole, demande oblige.


Bonjour Madame,
Si aujourd'hui je vous demande en entretien c'est afin de soulager mes concitoyens, en effet j'aimerais que le travail de nos bons septimans soit plus facile pour en finir avec le chômage et le mal-être. Si je viens ici c'est pour plaider en faveur d'un travail plus raisonné, moins long, arrangé pour les travaux difficiles, qui aide les jeunes et soulage les plus anciens. Ainsi comme c'est vous qui décidez je viens vous parler des besoins municipaux qu'on observe pour que vous les releviez et en fassiez une loi provinciale qui sera j'en suis certain adopté par l'Assemblée de Septimanie.
Déjà je pense qu'il faudrait abaisser le temps de travail à 30 heures et 28 heures pour les travaux difficiles et abrutissants. Offrir plus de congés payés entre autres. Et puis interdire les conditions de travail mauvaises en interdisant par exemple les produits dangereux et substituables comme la javel ou que-sais-je encore.
Voilà j'aimerais si possible aider à la réalisation de cette loi que vous trouverez sans doute juste d'autant plus que notre Province est au même niveau sinon moins que les autres, alors que nous sommes plutôt en faveur de ceux qui sont en bas de l'échelle économique, des travailleurs.


Orateur National du Front Communiste ☭

Ex-Ministre de la Santé et de la Protection Sociale
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Anastasia Mendoza Ojeda
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Re: Rencontre

05 janv. 2018, 17:53

Monsieur le maire de Dos Castillos,

Je souhaiterais tout d'abord vous présenter la réalité économique de la Septimanie.
La Septimanie est la province la plus pauvre de métropole, le PIB par habitant est proche de celui de l'Espagne, notre voisin immédiat. Notre salaire minimal horaires est à niveau de richesse égale, un tiers supérieur. 4,47 plz là bas, 6,02 plz ici.

On peut limiter le travail à 30 heures bien sûr, mais cela implique soit de baisser les salaires de 17 %, soit augmenter le salaire horaire de 6,02 à 7,23 pluzins.
Aucune des deux options n'est acceptable pour la majorité actuelle, nous refusons d'endosser la responsabilité de la perte de pouvoir d'achat si on réduit la semaine de travail sans compensation salariale et nous refusons de doubler l'écart de salaire par rapport à l'Espagne voisine qui vaudrait de lourdes pertes d'emploi. Il n'y a pas que des multinationales en Septimanie, il y a beaucoup de petits commerces de zone touristique, c'est le seul atout économique majeur de notre province et nous n'avons aucune intention de le sacrifier, c'est grâce au travail sur le tourisme tout le long de l'année que nous avons de meilleurs chiffres d'emploi que la Tyrsènie qui est pourtant plus riche.

Une subvention étatique n'est pas envisageable non plus, nous sommes la province qui a la dépense publique la plus forte, 57 % si on cumule l'Etat fédéral, la province et la sécurité sociale, si on ajoute les mairies, j'ai d'ailleurs cru comprendre que vous envisagiez de très lourdes dépenses à Dos Castillos, on dépasse les 60 % comme la Scandinavie des années 1980 si vous voulez une référence.
Et créer de la dette chronique comme nos voisins le font est prohibé par le Conseil des Gardiens de la Démocratie.

Le plan que nous utilisons contre la pauvreté, c'est une taxation relativement haute pour établir un bouclier social fort, le RMG fort est notre mesure phare, chaque citoyen démuni est garanti de toucher une somme qui équivaut a à peu près 60 % du salaire minimal sans aucune condition. Les travailleurs peuvent bénéficier d'un RMG partiel jusqu'à l'équivalent de 150 % du salaire minimal mensuel.

Nous l'utilisons car nous pensons que le travail à temps plein est condamné à terme, la robotisation dévastera de nombreux secteurs. Nous devons donc préparer l'économie à la mue vers une société où le travail n'est plus central. Notre combat porte donc bien plus sur la pauvreté en général que sur la question du salaire, nous refusons de prendre des risques excessifs dans le domaine.

Nous n'avons rien contre améliorer les conditions de travail et réduire légèrement le temps de travail à salaire équivalent est une possibilité, mais en aucun cas de manière aussi brutale. La CUL rejette la pauvreté et l'indignité, pas l'ensemble de l'économie de marché.

Nous sommes prêts à accueillir des suggestions sur la manière dont améliorer les conditions de travail venant de tous les septimans de bonne foi, mais passer la semaine de travail à 28 ou 30 heures est hors de question dans les circonstances actuelles.


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Jean Bournay
Député fédéral
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Re: Rencontre

13 janv. 2018, 23:25

Excusez-moi de vous le dire mais vous nous bloquez madame, vous appliquez un programme selon l'état actuel des choses, mais le droit d'un ouvrier ne doit pas évoluer selon la situation. Un travailleur a besoin de 30 heures de travail par semaine par nature pour vivre harmonieusement, ses besoins naturels ne changent pas selon l'argent qu'il reste dans les caisses de l'état ou de la province.
Vous êtes actuellement en train de mettre trop d'eau dans votre vin, et l'on ne sait plus si vous êtes sociale ou libérale, la preuve en est que vous taxez fortement mais que vos entreprises sociales sont faibles, vous pourriez taxer plus et faire tomber la pauvreté à néant mais vous vous obstinez à garder une taxation trop basse pour soi-disant augmenter la croissance.
Vous avez deux choix : Soit abaisser les taxes et augmenter les salaires, diminuer les heures de travail et ce qui va avec et par l'attrait économique des taxes basses, l'économie reprendrait.
Soit augmenter les taxes, permettre aux citoyens de vivre gratuitement aux entreprises de vendre leur produits à la Province donc en plus grand nombre avec les risques en moins, donc un nouvel attrait économique. Les mesures sociales suivraient avec l'augmentation du PIB et l'augmentation des prix des entreprises qui vendraient à la Province

Ces deux solutions assurent attraits économiques et mesures sociales mais vous appliquez la moitié des deux ce qui nous mène droit dans une fosse, une "réalité économique" que vous avez modelé et vous enfoncez la Province par ce biais, cette impasse c'est vous qui la faîtes.

Dans un scénario que j'imagine venant de mon bord politique, nous aurions une taxation forte, la gratuité de tous les biens, le rachat de tous les produits de nos entreprises, un atout et une sécurité énorme pour les entreprises, un tourisme florissant avec des prix très faibles étant déjà quasiment autonomes, des mesures sociales fortes afin d'anéantir le chômage puisque toute production sera achetée à un prix équitable alors nous pourrons nous permettre l'équité, d'autant plus qu'il restera aux citoyens des ressources économiques, d'environ 10 à 15%, et la "provincialisation" des bâtiments pour détruire l'économie de la location et offrir à tous un toit gratuit évidemment.

Dans un scénario plus libérale que je respecte, nous aurions une taxation faible, fort atout pour les entreprises qui se développeraient grandement, des mesures sociales qu'on leur imposeraient et qui au final ne les contraindraient pas plus que ça, un tourisme grandiose par des prix bas étant donné la taxation faible, des ressources économiques fortes pour que chacun puisse se payer un toit, bref des deux côtés un essor radieux.

En ménageant la moitié du choux par votre RMG fort, votre taxe forte et la moitié de la chèvre par votre besoin de satisfaire un tourisme libéral que les entreprises gèrent avec une forte taxe comme frein, vous nous menez droit dans une impasse.

Comprenez-vous que si on ne change rien, alors nous ne pourrons avancer plus ?


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Anastasia Mendoza Ojeda
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Re: Rencontre

14 janv. 2018, 05:15

Soyons clairs, la CUL a obtenu 42 % des votes aux dernières élections, le plus proche opposant, l'UPP, a obtenu 13 %. Je pense avoir une certaine légitimité populaire à appliquer ce que j'ai proposé. Si les travailleurs septimans estiment que le non-passage à la semaine de 30 heures est une faute impardonnable, je ne serai pas réélue, c'est aussi simple que ça.

Mais je pense que cela n'arrivera pas, les travailleurs septimans ont d'autres besoins que ces considérations horaires, ils ont aussi besoin d'emplois disponibles et de pouvoir de négociation. Le fait qu'un revenu décent soit disponible hors travail réduit le chantage patronal pour les faibles salaires, l'exclusion du marché de l'emploi n'étant plus synonyme de misère, et ce revenu décent n'est pas gratuit, nous sommes de très loin la province qui paie le plus d'aides sociales.

Le fait de chambouler le marché du travail alors que nous sommes dans un contexte idéal pour le tourisme septiman, entre les déboires des autres provinces, la construction de la LTR et le développement du parc à thèmes d'Uzarie, serait tout simplement suicidaire. La croissance profitera largement aux salariés modestes, leur salaire est indexé dessus par la loi, ce n'est pas une préoccupation triviale.

Si j'étais une libérale pur jus, je pense que je ne serais à la tête de la province la plus dépensière depuis trois mandats. Nous avons haussé les aides sociales à un niveau record dans ce pays, et j'en suis particulièrement fière.
Ce qui nous sépare, c'est la cible de notre action sociale, je centre mon action sur une lutte contre la pauvreté et non sur l'appel à la classe ouvrière, car je pense que le marché du travail est condamné à la transformation en portion congrue à terme, ce qui n'est pas pour me déplaire en tant qu'hédoniste, et bien que je refuse d'accélérer le mouvement car je pense qu'une rupture brutale poserait un immense problème de société, je préfère préparer le terrain en préparant un nouveau modèle de redistribution des richesses plutôt que me raccrocher à la centralisation autour de la question du travail.

Je n'abandonne pas la question, je suis ouverte à toute suggestion de réglementation améliorant le confort des travailleurs, mais révolutionner le marché du travail est hors de question pour le moment pour la CUL, parce que ce serait revenir sur notre stratégie d'expansion du tourisme, parce que ce serait mettre en danger financièrement notre plan d'aides sociales fort et parce que nous craignons les conséquences sociales d'un effondrement. Si le marché du travail s'effondre dans l'année à venir, j'en serais responsable, pas vous.

Croire qu'il n'y a que deux voies, l'ultra-libéralisme et le collectivisme, c'est avoir une vision réductrice de l'économie, que beaucoup de septimans n'ont pas. La logique de la CUL, c'est l'utilitarisme, et l'utilitarisme, c'est la priorité à l’éradication de la pauvreté pour le bonheur collectif, à la fois pour celui des pauvres qui y gagnent un minimum de confort de vie, mais aussi pour l'ensemble de la population, la pauvreté menant à la délinquance par exclusion du pacte social. Si une chose met en danger cet objectif nous ne la ferons pas, et nous pensons qu'une révolution du marché du travail mettrait en danger notre objectif.

Prenons vos propositions :

Votre première est une augmentation généralisée des salaires et une baisse des taxes. En considérant une augmentation généralisée des salaires de 10 % conjugué à votre passage aux 30 heures, une entreprise qui a besoin de 360 heures de travail par semaine paie actuellement 9500 plz en salaires pour 10 employés. Avec votre proposition, la même entreprise paierait 12540 plz pour 12 employés tous payés 10 % plus cher.

32 % d'augmentation, d'un côté les petites entreprises risqueraient la faillite immédiate.
De l'autre, les grandes survivront, mais répercuteront le coût sur les touristes, or la Septimanie doit sa réputation à ses bas coûts beaucoup de touristes sont des travailleurs lambda, pas des bourgeois capables de racheter toute une ville, eux vont à Norijo. La baisse d'affluence touristique mènerait

De plus, rien ne garantit que la baisse des taxes fasse immédiatement effet vu le risque de crash touristique.
A partir d'un scénario non bénéfique, deux hypothèses.
La première est la création de dette, ce qui mènerait à ma destitution immédiate. Je ne suis pas assez stupide pour faire ça, on est en Frôce, si je suis destituée, il n'y a pas moyen de faire appel à la garde provinciale pour faire un coup d'Etat, c'est définitif.
La seconde est de couper dans les programmes d'aide sociale ou dans les services publics, ce qui est hors de question vu les objectifs de mon parti et ce qui constituerait une trahison électorale pure et simple.

Votre seconde est une collectivisation détournée de l'économie en faisant acheter tous les produits par la province.

L'achat de biens par la collectivité a fin de redistribution a mené à des excès, et je ne parle pas seulement des régimes pseudo-communistes. Prenons le cas de la Californie en 2000 qui a acheté de l'électricité à des tarifs prohibitifs à des opérateurs privés pour soulager ses citoyens, il s'est avéré que le producteur d'électricité, conscient des capacités économiques d'un Etat, qui lui peut s'endetter, a fait artificiellement grimper les prix, c'est ce qu'on a appelé l'affaire Enron. Cela ne peut pas marcher sur l'ensemble d'un secteur, je n'ose imaginer les risques pour l'ensemble de l'économie.

Rien ne garantit que les entreprises ne se liguent pas pour gonfler les prix, ce qui me renverrait au dilemme précédent.
Vous me direz que je pourrais limiter les prix par la loi, mais dans ce cas où serait l'intérêt des entreprises de contrôler au mieux la qualité du produit ? Il y a besoin de la carotte et du bâton pour avancer, ce n'est pas pour rien que les années post-collectivisation ont été des années de détresse économique pour l'URSS.

Nous avons des philosophies différentes, des électorats différents, les plans que vous me proposez ne sont pas infaillibles et me menaceraient même de destitution et j'ai en prime déjà engagé d'immenses moyens dans le plan que je propose.

Je ne vois qu'une seule solution, laisser le peuple trancher. Portez-vous candidat aux prochaines élections provinciales, et préparez-vous bien, je ne céderai pas ce fauteuil sans un combat acharné. Les comptes, je les rends au peuple, pas aux maires.

Je pense que nous n'avons plus rien à nous dire aujourd'hui. Je vais demander à Mirko de vous faire parvenir une voiture pour regagner votre fief.


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