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Maison de G. Salcedo  

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Gaspard Salcedo
(@gaspard-salcedo)
Frôceux éminent UDF
Rejoint: Il y a 3 mois
Messages: 22
9 septembre 2020 15 h 59 min  

C'est dans cette maison que Gaspard Salcedo habitait, avec un maître d'hôtel et un garde du corps. Salcedo passait ses journées à lire le journal, manger des plats divinement bons, contempler son jardin et écrire ses mémoires. Plus grand monde ne lui rendait visite, à part son ami Louis-Damien, qui habitait également Vauxin. 

88 ans. Ancien ministre. Ancien PDG. Epicurien.
Biographie : https://wiki.froce.fr/index.php?title=Gaspard_Salcedo


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Gaspard Salcedo
(@gaspard-salcedo)
Frôceux éminent UDF
Rejoint: Il y a 3 mois
Messages: 22
10 septembre 2020 18 h 58 min  

Gaspard Salcedo posa son journal sur la table, à côté de sa tasse de café vide et de sa pompe à insuline. Il regarda son jardin. Il ne manquait jamais de lire les pages politiques de La Libre Frôce, depuis qu'il s'était mis en retrait de la vie publique. Il y a cinquante trois ans. Une éternité. Et pourtant, ses souvenirs de la politique lui paraissaient plus vivaces, plus présents que n'importe quel autre. Pourtant, tous ses équipiers d'alors avaient disparu. Normal, il était le plus jeune de la bande. Les Valbonesi, Bertrand, De Kervern, Citron, Montgomery, tous étaient décédés au cours de ces cinquante trois années pendant lesquelles il s'était contenté de vivre dans le monde des affaires. Mais leur souvenir était encore très clair, les nuits de négociations, les invectives par médias interposés, les débats à l'assemblée, les soirées électorales. 

La vie politique de Salcedo était un vaste échec. Homme politique de droite, créateur de trop de partis politiques pour que le public s'en souvienne, jamais ou presque victorieux à une élection, conspué et dénigré, il avait bâti sa carrière comme un enfant construit un château de sable : avec des outils en plastique, sans plan préétabli, en tombant dans tous les pièges que le sable et les vagues tendent. Salcedo culpabilisait bien plus de ne pas avoir assez marqué l'histoire que de ne pas avoir construit de vie de famille et offert à la Frôce une descendance. 

Gaspard avait failli, à plusieurs reprises, revenir en politique. Après tout, il n'avait jamais fait d'adieux publics, il ne s'était jamais promis de s'en aller pour toujours. Mais à chaque fois qu'il y avait réfléchi, dans les minutes qui suivaient, des plaies encore ouvertes le rappelaient à leur cortège de douleurs et à la peur de l'échec que celui-ci charrie. Il s'était abstenu. D'ailleurs, pour défendre quelles idées ? 

Le garde du corps vint interrompre ses pensées. 

"Monsieur Salcedo, une jeune femme insiste pour vous voir."

Une journaliste, sans doute. Gaspard fit signe à son homme de main de renvoyer cette dernière au portail. 

"Elle dit qu'elle est votre fille."

88 ans. Ancien ministre. Ancien PDG. Epicurien.
Biographie : https://wiki.froce.fr/index.php?title=Gaspard_Salcedo


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Gala Catello
(@gala-catello)
Frôceux éminent RDH
Rejoint: Il y a 3 mois
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11 septembre 2020 19 h 42 min  

Gala avait tout raconté à un Gaspard Salcedo clairement dépassé par les évènements. L'idée, le doute qui grandit, le test, la découverte, la discussion maternelle. Le vieil homme avait encaissé sans chercher à cacher ni sa surprise, ni son dénuement, ni sa douleur. Il ne savait clairement pas quelle posture adopter, Gala le voyait. Elle sentait pourtant une bienveillance dans la manière de poser des questions, quelque chose de safe. Gala ne savait pas qui était Salcedo avant de consulter sa page Wikipédia. Elle le lui avait dit. Cela avait l'air de l'avoir autant heurté que d'apprendre qu'il avait un enfant.  

Après un long moment de silence, Salcedo se redressa un peu. 

"Je me rappelle bien de cette nuit. Si j'en crois votre âge, j'avais donc quelque chose comme 57 ans, et votre mère 19."

Gala n'avait même pas pensé à la différence d'âge, alors qu'elle sautait aux yeux. 

"Cela paraît fou maintenant. Même si ta mère faisait plus vieille que son âge, plusieurs générations nous séparaient. Il s'est passé quelque chose de chimique dans l'ascenseur, ce soir là, on est tombé l'un sur l'autre par hasard, moi le PDG de Berdzini et elle la stagiaire en pharmacovigilance. C'était une belle nuit, je ne l'ai jamais revue depuis, ni entendu parler d'elle. Elle aurait pu gravir les échelons du labo plus vite, ou avoir une sacrée pension, mais elle ne l'a pas fait."

Bien sûr qu'elle ne l'avait pas fait. Elle aimait déjà Gianluigi, qui l'attendait sagement avec toute l'affection du monde à offrir. Que rêver de plus ? 

"J'aimerais bien vous dire qu'on va rattraper le temps perdu. Mais j'ai quatre vingt huit ans. Ce ne serait que préparer un deuil qui risquerait d'être douloureux."

Gala était surpris de cette réaction. Il y avait une forme de lâcheté, bien sûr, chez cet homme jamais marié qui n'a jamais attaché son cœur à qui que ce soit et qui ne voudrait pas commencer à se jeter dans le gouffre à presque quatre vingt dix ans. Mais il y avait aussi de l'honnêteté, et, Gala l'aurait juré, une envie d'être contredit. 

"Je ne demande pas à retrouver un père qui m'emmènerait au manège, m'apporterait mon goûter ou m'apprendrait le piano. J'ai déjà eu un père qui m'a élevé, et qui a été formidable avec moi. Ma mère pense que tout se construit, qu'on n'hérite rien du sang et des gènes, mais je ne suis pas d'accord. Je pense que le destin a voulu qu'à trente ans, exactement la semaine où je prends ma carte dans un parti politique, je découvre que mon réel géniteur est un ancien ministre."

Il n'en fallait pas plus à Salcedo pour trouver l'envie de franchir le Rubicon du retour en politique. Désormais, plus que tout, il voulait la rendre fière de lui. 

Docteure en médecine interne - Hôpital Aspen Rose Timone


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Karl Lacroix-Hanke
(@karl-lacroix-hanke)
Frôceux éminent RDH
Rejoint: Il y a 4 mois
Messages: 22
4 novembre 2020 13 h 35 min  

A l'occasion de l'anniversaire de Gaspard, Louis-Damien, bien qu'affaibli, avait tenu à venir chez son ami, pour participer un peu à la fête. Il savait très bien comment cela allait se finir : un bon camenbert, du pastis pour Salcedo, de la San Pellegrino pour lui, du pain, des fruits et puis un bon jeu de cartes. C'est qu'ils n'étaient plus tout jeunes ! Louis-Damien en particulier. Ces derniers temps, l'ancien Président de la République enchainait les pépins de santé. Ca faisait trois fois que le médecins réajustaient son pacemaker. Il avait contracté une vilaine pneumonie, au printemps dernier et il se sentait fatigué depuis.

Pour cet ancien sportif, amateur de voitures, difficile désormais de sortir de chez lui. Ses articulations lui faisaient mal, encore plus quand le temps tournait au vinaigre comme aujourd'hui, et que l'humidité se faisait sentir. La fatigue musculaire le gagnait. Après de nombreuses chutes, liées à celle-ci ou à des vertiges de plus en plus fréquents, Lacroix avait été assigné à un fauteuil roulant, au moins pour faire le plus gros de distance. Malgré tout cela, il fallait admettre qu'il gardait quand même une certaine forme. Oh, parfois, sa mémoire lui jouait des tours et son ouïe n'était plus aussi efficace que pendant sa jeunesse. Mais il se portait bien, pour quelqu'un qui allait bientôt fêter ses 117 ans.

La question qui occupait les esprits dans leur entourage était la suivante : comment Louis-Damien et Gaspard avaient-ils pu se lier d'amitié, alors que tout les opposait, par le passé, tant sur la méthode que sur la personnalité ? Cela se résumait en un seul mot : l'humanisme. Car c'était bien autour d'un projet solidaire qu'ils s'étaient retrouvés et avaient oeuvrés ensemble. Depuis la mort de sa tendre Hélène et de son meilleur ami, Christian Valmont, il ne supportait plus le vide laissé dans son manoir. Il avait donc pris la décision de réaménager celui-ci pour accueillir des personnes sans-abri, et ainsi aider une association dont il était devenu un donateur régulier, la Fondation Amandine Smith. Très impliqué, Louis-Damien avait cherché dans Vauxin des partenaires, pour offrir à ces malheureux gîte et couvert. Et devinez donc chez qui il allait se fournir pour que ses cuisiniers mitonnent de bons petits plats ? Salcedo, en personne !

L'âge aidant, les querelles passés et partisanes furent laissées derrière eux. Aujourd'hui, Louis-Damien et Gaspard parlaient politique, en tombant souvent d'accord, se remémoraient le bon vieux temps, discutaient de tout et de rien. L'autre jour, ils avaient passé la fin d'après-midi chez Lacroix, à discuter jardinage, plus précisément de comment entretenir les massifs de camélias qui bordaient l'allée centrale du manoir. En l'absence de Karl et d'Aurore, ce fut son fils Alexandre, qui le déposa devant chez Gaspard. Mais pas question pour ce gauchiste invétéré de rester. Il salua Salcedo par politesse mais on pouvait voir qu'il ne le portait pas dans son coeur. Décidément, Alexandre tenait bien de sa mère ! Louis-Damien laissa son fauteuil à l'entrée et se leva. Ses gestes n'étaient plus vraiment précis. A vrai dire, il tremblait un peu. Autrefois grand et élancé, voilà que maintenant, il était un peu plié en deux, en raison de douleurs lombaires. Il salua Gaspard :

- Bonjour, vieille branche ! Je vois que tu ne t'es toujours pas rasé ! Ah ces jeunes et leurs styles !

Il le taquinait, oui. Parce que malgré son grand âge, Louis-Damien apparaissait toujours publiquement rasé de près, de façon impeccable. La vieille école.


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Gaspard Salcedo
(@gaspard-salcedo)
Frôceux éminent UDF
Rejoint: Il y a 3 mois
Messages: 22
4 novembre 2020 13 h 56 min  

Gaspard aimait beaucoup Louis-Damien. En y repensant, cette amitié était un symbole parmi d'autres de la vacuité de la politique. Des prises de bec, des insultes, des stratégies d'enfoncement, des coups tordus, et au final être d'accord sur quasiment tout cinquante ans plus tard. Mais pouvait-on dire que le Salcedo d'aujourd'hui était le même que celui d'il y a cinquante ans ? Pas vraiment. Et si Gaspard devait rencontrer son double rajeuni, probablement qu'il le détesterait. 

En fait, avec le temps, les styles de vie de Louis-Damien et de Gaspard s'étaient rapprochés. Louis-Damien avait laissé un peu du luxe guindé de sa grande famille et s'était tourné vers plus de simplicité ; Gaspard avait abandonné petit à petit son côté nouveau-riche assez beauf pour rentrer dans le rang des riches sages et pondérés. Ce qui était en commun entre les deux papys était donc, en fait, l'essentiel : l'amour des bonnes choses, des gens, de la nature, des moteurs et des belles pierres. Et des belles femmes. Même s'il fallait avouer que, de ce côté là, le lever de bâton n'était plus si facile qu'avant. 

- Vieille canaille ! J'ai fait le pari avec mon cuisinier que si je n'arrivais pas à arrêter de dire "merde" pendant une journée, je devais m'abstenir de me raser pendant trois mois. C'était il y a un mois. Tu vois le résultat ! De toute façon, avec tous mes anticoagulants, se raser est devenu dangereux... Dis-donc, il est toujours autant de gauche ton fils ! 

Gaspard accompagna son ami à la table du jardin, qui donnait sur une magnifique roseraie. La moitié des pieds de roses portait des noms de médicaments lancés par Berdzini, à la grande époque des laboratoires pharmaceutiques, quand Salcedo dirigeait cette machine à inonder le marché de blockbusters. 

- Une Sanpe, comme d'habitude ? Tu me pardonneras de ne pas t'accompagner, je m'ouvre un petit Ruinart, c'est pas tous les jours qu'on fête son anniversaire.

Alors qu'il se servait une coupe, Gaspard réfléchit. Fallait-il en parler à son ami ? Oh, et puis après tout, c'est fait pour ça. 

- Dis-moi, LD... Figure toi qu'il m'est arrivé un truc pas croyable l'autre jour. Tu sais, quand tu m'avais charrié en disant que j'avais sans doute des enfants cachés dont j'ignorais l'existence. Eh bah tu avais raison. J'ai été contacté par une jeune fille, trente ans environ, belle comme tout, médecin à Aspen, engagée en politique, qui est la fille d'une ancienne stagiaire de Berdzini avec qui j'ai eu une nuit agitée pendant un congrès à Tanger, ou Marrakech je ne sais plus. Eh bah elle a fait les tests génétiques, son père n'est pas son père. Elle en a parlé a sa mère, qui a tout balancé, trente ans après. Tu te rends compte ? 

Salcedo rigola après sa première gorgée. 

- Et le pire, c'est qu'elle est venue me voir et qu'on parle toujours. On s'entend très bien. 

88 ans. Ancien ministre. Ancien PDG. Epicurien.
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Karl Lacroix-Hanke
(@karl-lacroix-hanke)
Frôceux éminent RDH
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4 novembre 2020 23 h 40 min  

- Ah les anticoagulants ! Ne m'en parle pas ! L'autre jour je suis tombé dans le salon, je me suis fait un hématome, bon Dieu, il est encore noir ! Ils m'empoisonnent avec leurs cachets !

Il agita sa main dans les airs, avec une moue dégoûtée. Faut dire que tous les jours, il y avait droit à sa quantité astronomique de comprimés ! Des vitamines, des fluidifiants pour le sang, des béta-bloquants, des comprimés pour ses aigreurs d'estomac provoquées par d'autres cachets sensés apaiser ses douleurs articulaires. Louis-Damien eut un rire franc quand Gaspard évoqua l'alignement politique de son fils. Il surenchérit :

- Hélas ! De gauche, oui, comme sa mère ! Ah... ma tendre Hélène... elle me manque toujours... qu'il me tarde de la rejoindre ! Ses petits discours sur les bienfaits du socialisme possédaient du charme. Elle les faisait avec une telle pugnacité... enfin... allons nous asseoir tu veux bien, mes jambes ne sont plus toutes jeunes...

Dans le jardin, Louis-Damien en profita pour regarder les bassins de fleurs soigneusement entretenus et surtout la roseraie. C'était toujours un plaisir de l'admirer. Ils s'installèrent. Lacroix grimaça en s'asseyant sur la chaise.

- Comme d'habitude oui, s'il te plait. Je te laisse ton Ruinart bien volontiers, je n'ai jamais aimé l'alcool. Tu as bien raison de te faire ce plaisir. Personnellement, je te conseillerais de faire un saut en parachute. C'est ce que j'ai fait pour mes 100 ans ! C'était exceptionnel !

Il perçut assez rapidement que Gaspard était songeur mais Louis-Damien n'était guère intrusif. Il n'allait pas jouer l'inquisiteur pour savoir la véritable raison. Son attitude fut récompensée puisqu'il finit pas savoir les raisons de ces préoccupations inhabituelles. Et quelles révélations !

- Ah ! Je le savais ! Je te l'avais dit ! Toi et ta passion pour les stagiaires ! Donc te voilà père ! Tu envisages de la reconnaitre ? Si vous vous entendez bien, c'est le principal ! Il n'est jamais trop tard après tout !

Il but une légère gorgée d'eau et s'enfonça dans son siège, en basculant légèrement en arrière, son regard bleu, voilé par le temps, pointant vers le ciel à moitié couvert.

- Et dire que mon petit-fils Karl, te ressemble... 50 ans, c'est à peu près l'âge que tu avais quand tu l'as conçue ! Bon sang de bois, avec tout ce qu'on voit, vous n'êtes pas fichus de vous protéger ! Tu me la présenteras à l'occasion ? Je suis curieux de la connaitre ! Si elle a fait toutes ces démarches pour te retrouver, c'est qu'elle a soif d'en savoir plus à ton sujet !


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Gaspard Salcedo
(@gaspard-salcedo)
Frôceux éminent UDF
Rejoint: Il y a 3 mois
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5 novembre 2020 10 h 35 min  

Gaspard fut ému en entendant son vieil ami parler de son épouse disparue. 

- C'était vraiment une femme incroyable. Très intelligente, très fine, toujours en colère contre les injustices mais avec beaucoup de recul sur la société. Et magnifique, avec ça. Vous étiez un très beau couple. Tu n'as rien à regretter de tout ce que tu as construit. Et même si elle t'attend, là haut, je suis sûr qu'elle espère que tu profiteras encore un bout de temps de cette bonne vieille terre. 

Passé cet instant d'émotion, que la pudeur des deux hommes cherchait tant bien que mal à contenir, Gaspard rit en écoutant LD parler de sa "passion pour les stagiaires". 

- C'était une sacrée époque, quand j'y pense, on travaillait pour un labo mais on ne mettait jamais de capotes, on fumait comme des pompiers et on picolait tout le temps. Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais !  

Gaspard rit de bon cœur en se servant une deuxième coupe. A son âge, il n'en fallait pas davantage pour être un peu pompette. Par rapport aux cuites d'il y a soixante ans à Norijo avec François Bertrand, ça n'avait rien à voir. 

- Oui, je te la présenterai volontiers, d'ailleurs elle doit passer tout à l'heure, elle était en réunion avec une petite biotech de l'arrière pays de Vauxin par rapport au développement d'un traitement qu'elle a découvert, j'ai rien compris mais ça a l'air intéressant. Si tu n'es pas trop fatigué, on peut l'attendre ensemble. D'ailleurs, elle est adhérente au parti centriste... 

Le regard de Gaspard s'attarda sur les rosiers, les cyprès, les quelques vignes au fond du jardin. 

- Bon, j'ai bien réfléchi, Louis-Damien, et je crois que je vais me présenter aux prochaines fédérales. J'ai le soutien des petits jeunes du parti, et j'ai une espère de feu qui ne s'est pas éteint. Je n'ai pas envie de partir avec des regrets. Je sens que je peux faire encore quelque chose, je me sens en pleine forme. Pas au point de faire un saut en parachute, mais une dernière campagne et deux ans de mandat comme Chancelier, j'avoue que ça me botterait bien. Quand je pense à ton parcours, j'avoue que je suis un peu jaloux. 

88 ans. Ancien ministre. Ancien PDG. Epicurien.
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Karl Lacroix-Hanke
(@karl-lacroix-hanke)
Frôceux éminent RDH
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6 novembre 2020 0 h 16 min  

La politique, pour Louis-Damien, c'était bel et bien terminé et pour toujours. De toute façon, son grand âge ne lui permettait plus d'avoir toutes les idées claires. Il écouta attentivement Gaspard avant de poser son regard sur lui.

- Ne jamais renoncer à ses rêves, vieille branche. Jamais. Peu importe l'âge, si tu te sens déterminé et d'attaque, alors fonce. Ils te diront tous que ce n'est pas raisonnable, que tu es trop vieux, dans les débats. Il te faudra les laisser dire. La vieillesse c'est une question de mental. Si tu crois en ton projet, les gens y croiront aussi.

Il joignit ses mains, pensif. Avant d'ajouter :

- Il n'y a pas grand chose à envier, tu sais. La politique est passionnante, je me suis laissé porté par mes convictions et par le fil des choses. Aujourd'hui, avec le recul, je n'ai pas de regret. J'ai dit tout ce que j'avais à dire quand j'en ai eu l'occasion, j'ai accompli ce je pense être bon pour ce pays. Je vais te donner un conseil : ne regarde pas la carrière des autres. Regarde-toi simplement dans le miroir. Si tu es fier et satisfait de ce que tu y voir, alors tu es sur la bonne piste. Toi et moi, nous avons passé l'âge de comparer pour savoir qui a la plus longue ! Puis tout le monde sait que c'est moi.

Il eut un rire amusé, qui se stoppa par une toux légère. Il but à nouveau, un petit peu plus. Un peu enroué, il reprit :

- Dis-moi, ta fille, elle aurait pas trouvé un traitement miracle contre les douleurs articulaires par hasard ? Si elle doit passer tout à l'heure, je lui poserai la question. Enfin... si je ne me suis pas endormi jusque là.

C'est que Louis-Damien avait tendance à s'endormir dès qu'il était confortablement installé.

- Si je suis encore vivant, tu auras mon vote, Gaspard. Mais tu sais, je ne te promets rien. J'ai l'intime conviction que je vais bientôt mourir. Quand j'en parle à ma famille, ils me traitent comme un gâteux... Ils ne comprennent pas. Il ne veulent pas comprendre. On les sent, ces choses là. On les sait... Refuser l'évidence, c'est aggraver sa peine. C'est une attitude bien sotte... Promets-moi, en tout cas, de ne pas baisser les bras. Et surtout d'inscrire ton nom durablement dans les livres d'histoire. Tu as beaucoup de choses à apporter à la Frôce !


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Gaspard Salcedo
(@gaspard-salcedo)
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6 novembre 2020 16 h 13 min  

Gaspard était impressionné de la lucidité et du courage de son ami. Lui-même, à 88 ans, était toujours autant effrayé de la mort qu'à vingt ans. Le simple fait d'imaginer ses cellules dépérir petit à petit, de penser à ses organes qui répondaient de moins en moins bien à leurs fonctions respectives, l'angoissait au plus haut point. 

- J'admire ta sagesse, Louis-Damien. C'est celle de ceux qui ont donné beaucoup d'amour, qui ont fait le bien autour d'eux, et qui peuvent partir sereinement en laissant ce pays dans un meilleur état que s'ils n'y avaient pas consacré toutes ces années. Je te promets d'aller au bout de ce rêve, et de tenter de me faire un nom. Il sera toujours plus petit que le tien, mais l'essentiel n'est pas là. Je suis heureux d'être ton ami et tu peux compter sur moi pour tout le temps qu'il te reste. 

Un bruit de graviers et de moteur de voiture coupa leur conversation. 

- Tiens, ça doit être Gala. Je ne l'attendais pas de si tôt. 

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Gala Catello
(@gala-catello)
Frôceux éminent RDH
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6 novembre 2020 16 h 24 min  

Gala avait parcouru très lentement les 100 kilomètres qui séparaient Aspen de Vauxin, en passant par les petites routes de l'arrière-pays. En chemin, elle avait reçu un sms : son rendez-vous de l'après-midi était décalé à cause d'un empêchement de dernière minute du directeur du laboratoire qui devait la recevoir. Elle mit donc directement le cap vers le domicile de Salcedo, et s'y présenta avec deux heures d'avance. 

Elle était stressée avant chaque rencontre avec son père biologique. Au cours d'un précédent coup de fil, ils s'étaient mis d'accord pour se tutoyer et s'appeler par leurs prénoms. Il y avait toujours de la distance, et une certaine gène, mais une complicité et de l'affection s'étaient installés. Gaspard n'avait pas élevé Gala, bien sûr, mais cette dernière avait l'idée un peu sotte que quelque chose d'invisible et de fort les reliait malgré tout. Et puis, les deux parlaient beaucoup de politique. Ils s'entretenaient l'un et l'autre dans leurs rêves respectifs, devenir maire pour Gala, Chancelier pour Gaspard. Il apportait des conseils et une expérience incroyables, elle lui parlait de l'aspiration des nouvelles générations et des nouvelles techniques de communication. 

Gala gara sa twingo près de l'entrée de la maison, traversa cette dernière et se présenta sur la terrasse. Elle ne fut pas très surprise de voir un très vieil homme, qu'elle identifia tout de suite comme étant Louis-Damien Lacroix de Beaufoy, assis confortablement à l'ombre. Gaspard lui avait beaucoup parlé de lui. Gala se sentit soudain minuscule, comme entrée par effraction dans un livre d'histoire. 

- Bonjour messieurs ! M. Lacroix, c'est un grand honneur. Mes grands parents ont toujours un portrait de vous sur la bibliothèque du salon. C'est ça, les familles centristes ! 

Gaspard, désolé je suis terriblement en avance. Mon rendez-vous a été annulé alors que j'étais déjà sur la route...

Le maître d'hôtel servit une coupe de champagne à Gala. 

Docteure en médecine interne - Hôpital Aspen Rose Timone


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Karl Lacroix-Hanke
(@karl-lacroix-hanke)
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6 novembre 2020 18 h 40 min  

- Je ne sais pas s'il s'agit de sagesse, mais ce que je peux te dire, c'est que tout ce que tu n'accomplis pas au présent, tu le regretteras à l'avenir. Garde le cap et bats-toi. Tant que tu peux parler, tant que tu peux bouger, tant que tu peux vibrer, c'est que tu es vivant.

Il esquissa un léger sourire en se reculant dans son siège. Les mains jointes, il observa le ciel une nouvelle fois. Grand amateur de livres, il déclama quels vers :

- J’ai cueilli ce brin de bruyère. L’automne est morte souviens-t’en ! Nous ne nous verrons plus sur terre. Odeur du temps brin de bruyère... Et souviens-toi que je t’attends.

Il ferma doucement ses paupières en ajoutant :

- Apollinaire a toujours su trouver les mots justes dans ses textes.

Il n'entendit pas le bruit du moteur et du graviers, merci la surdité ! C'est quand il entendit Gaspard parler de Gala, qu'il comprit que la jeune femme venait d'arriver. Pourtant, en dépit de sa volonté, Louis-Damien fut bien incapable de se relever pour l'accueillir. Il essaya, mais une vive douleur articulaire l'en empêcha.

- Vous êtes donc Gala, la fille de ce roublard de Gaspard ! Enchanté de vous rencontrer, jeune dame... Pardonnez-moi si je reste assis, mais mes articulations sont en miettes.

Il lui tendit sa main, qui bien que légèrement décharnée par l'âge, était toujours aussi ferme. Sans lui broyer les os, sa poignée de main laissait apparaitre quelqu'un d'âgé mais de toujours aussi déterminé.

- Un portrait de moi sur la bibliothèque de leur salon dites-vous ? Ah ? Vous m'en voyez honoré, j'adore les livres, c'est donc tout à fait adapté.

Profitant du maître d'hôtel, qui était venu accueillir dignement Gala, Louis-Damien l'interpela pour lui demander un stylo et du papier. Bien que la demande lui parut excentrique, il ne releva pas et partit chercher le nécessaire.

- Bonté divine, Gaspard, on peut dire que tu as bien travaillé ! Chère Gala, vous êtes ravissante ! Ah, ce que j'aimerais qu'un tel rayon de soleil arrive dans ma famille. Mais ce n'est pas demain la veille, je le crains ! Ainsi donc, vous êtes à l'ADF ?

Louis-Damien suivait de loin l'actualité politique. Il n'avait pas trop compris les tenants et les aboutissants de la réforme constitutionnelle et ne savait même pas que l'ADF n'existait plus. Oui, il était de plus en plus déconnecté de la vie politique, de la vie tout court. Cela ne l'empêchait pas d'être heureux, et lui apportait une certaine sérénité avant le grand voyage.


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Gala Catello
(@gala-catello)
Frôceux éminent RDH
Rejoint: Il y a 3 mois
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6 novembre 2020 19 h 03 min  

Gala était impressionnée par l'humour et le charme que déployait encore Louis-Damien. Elle rougit lorsque ce dernier la complimenta sur son physique. Depuis toute petite, tout le monde lui faisait des remarques plus ou moins agréable sur sa beauté, mais ce compliment qui venait du fond des âges semblait ajouter une touche d'éternité à l'élégance de la jeune femme. 

- Merci, Monsieur Lacroix ! En effet, Gaspard a bien travaillé... Vite fait bien fait, comme on dit ! Au fait Gaspard, joyeux anniversaire ! Je t'ai apporté un petit cadeau, je l'ai posé sur la table de la cuisine, tu l'ouvriras après. 

Gaspard afficha un air faussement surpris mais véritablement reconnaissant.

Gala eut un petit sourire lorsque Louis-Damien évoqua l'ADF. 

- Il s'appelle le Rassemblement Démocrate et Humaniste désormais, mais c'est bien l'ancêtre du parti que vous avez fondé, et vos citations sont encore sur tous les documents internes... D'ailleurs, Monsieur Lacroix, je crois que c'est votre petit-fils qui en est à la tête, non ? 

Gala connaissait la réponse, bien entendu. Mais elle avait envie d'entendre parler de Karl par la bouche de Louis-Damien. D'ailleurs, si cela pouvait donner un coup de pouce à Gala pour que Karl la regarde un peu plus, pendant les réunions, ça ne serait pas plus mal. 

Docteure en médecine interne - Hôpital Aspen Rose Timone


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Karl Lacroix-Hanke
(@karl-lacroix-hanke)
Frôceux éminent RDH
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6 novembre 2020 19 h 50 min  

- Rassemblement Démocrate et Humaniste, vous dites ? Tiens donc ! De mon temps, il n'était pas utile d'afficher ouvertement que nous étions humanistes. Mais je suppose que la société et le monde évoluent, ma foi !

Oui, Louis-Damien ne semblait pas aimer le nouveau nom du parti. Mais en même temps quoi d'étonnant ? Il avait participé à la fondation de l'ADF. Lui qui n'aimait pas trop les changements, parce que la routine possédait tout de même son petit confort, il tombait un peu de sa chaise. Cela dit, le fait de savoir que ses citations figuraient sur les documents internes, lui mit un petit air fier sur le visage. Celui-ci fut rapidement remplacé par une lueur espiègle quand elle parla de Karl.

- Très juste ! Karl m'en a parlé l'autre jour, il envisageait de briguer la tête de liste pour les fédérales et un énième mandat à la Mairie de Vauxin. Bon Dieu, cette ville n'aura pas connu grand monde à part notre famille ! Je ne sais même plus quels ont pu être les maires ne portant pas le nom de Lacroix...

Il jeta un oeil à Gaspard et ajouta, en fronçant légèrement les sourcils.

- Ah Karl... si seulement il cessait de se comporter comme un coureur de jupons et qu'il se mettait en couple avec quelqu'un ! C'est un gâchis ! Lui qui apprécie la liberté, il ne sait pas ce que c'est que le plaisir d'être avec une vraie famille. J'espère qu'il ne mettra pas autant de temps que toi à atteindre l'âge de raison, vieille canaille !

Il tendit le bras pour boire une gorgée. Comme il semblait avoir un auditoire attentif, il poursuivit, se laissant aller à quelques confidences.

- J'ai de la chance. Mes petits-enfants ont tous les deux le sens de la famille. Le jour où je ne serais plus là, je sais qu'Aurore sera triste, mais c'est une battante, une femme forte, qui sait ce qu'elle veut et qui saura se relever. Karl, lui... c'est plus compliqué... ce n'est pas un mauvais bougre, au contraire. Il prend les choses très à coeur. Mais il n'a jamais été un guerrier, vous voyez ? Lui, c'est plutôt un spirituel, un penseur, un doux rêveur. Je crois que son métier de pompier parle pour lui. Il sert les autres, pas ses ambitions. Brave petit... le jour où je vais mourir, il sera anéanti. Puis-je vous demander à tous les deux de veiller sur lui autant que possible ? Oh, il a sa soeur, il a toute sa famille, mais à ses yeux je suis un Dieu-vivant...

Evasif, il ajouta :

- Vous savez, chère Gala, Karl a beaucoup de frasques à son actif. Dieu me garde de découvrir le nombre de petits-enfants non reconnus que je peux avoir à travers le monde... pourtant, je suis persuadé qu'un jour, il trouvera quelqu'un qui l'assagira. Une femme qui saura lui apporter la liberté et le bonheur des choses simples. Et si en plus, elle sait jouer du piano ça serait merveilleux ! C'est moi qui lui ai appris ! Et sacré bon sang de bois, je suis persuadé qu'il ne fait pas ses exercices de façon assidue !

Le maître d'hôtel revint et déposa le stylo et la feuille que Louis-Damien avait demandés, juste devant lui. Un brin surpris, l'ancien Président le regarda et demanda, un peu abrupt :

- Qu'est-ce donc ?

- Vous avez demandé une feuille et de quoi écrire, Monsieur le Président.

Dubitatif, Louis-Damien, courroucé par le fait qu'il ne se rappelait pas d'une telle demande, se mit à ronchonner, intimement contrarié :

- Mais pourquoi donc, l'ai-je demandé ? Fichue mémoire... ce que c'est agaçant ! Voyons... mhmh... grrr...

C'était un des moments gênants de son quotidien. Pour justifier cela, il dit alors :

- Encore un de tes coups, ça, Gaspard ! Qu'as-tu mis dans ma San Pellegrino, hein ? De l'alcool, je suis sûr ! Je ne vois que ça...

Sa mauvaise foi, pour le coup exposée en plein jour, Louis-Damien l'utilisait comme un moyen de défense. La solution pour ne pas se sentir diminué. Certes, les apparences ne laissaient aucun doute, mais tant qu'il parvenait à se persuader qu'il n'était pas dément, ou gâteux, ça lui suffisait. Car la pire des choses à ses yeux, était bien de finir sa vie en devenant végétatif et sénile. Quand bien même, le temps faisait lentement son office et l'amenait sur ce chemin-là.

- De quoi parlions-nous quand j'ai soi-disant demandé ce papier et ce stylo ?

This post was modified Il y a 3 semaines by Karl Lacroix-Hanke

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Gaspard Salcedo
(@gaspard-salcedo)
Frôceux éminent UDF
Rejoint: Il y a 3 mois
Messages: 22
6 novembre 2020 20 h 14 min  

- Je n'ai rien mis dans ta Sanpe, et en plus, tu n'as quasiment pas touché à ton verre ! Alors que moi, j'en suis déjà à ma troisième coupe. Et toujours pas envie d'aller au petit coin, comme quoi, si ça se trouve mon diagnostic pour la prostate était biaisé. 

Gaspard avala la fin de sa coupe d'un coup, et prit sous son fauteuil une boite en bois d'ébène. Il l'ouvrit, prit à l'intérieur un bon cigare Cohiba, en coupa l'extrémité avec une guillotine, et l'alluma avec une longue allumette sans même avoir pris le temps de palper l'engin ni même de le sentir. 

- Dès que je bois un peu, j'ai tout de suite envie de fumer. Il ne fume pas, Karl ? Il a bien raison. Moi, à trente ans, j'ai arrêté la cigarette du jour au lendemain. Je ne fume plus qu'un bon cigare de temps en temps. 

Gaspard tira une bonne bouffée et la dégusta avec plaisir.

- Karl est un bon garçon. Un peu trop de gauche, ça c'est sûr, mais enfin je n'en ai jamais voulu à personne d'avoir des convictions. Et beau garçon, avec ça ! Il aurait tort cependant de croire que c'est une carte blanche pour sauter tout ce qui bouge, pardonne moi l'expression Président. Je suis d'accord avec toi, à un moment, ce qui manque, c'est le sourire langoureux, savoir qu'on est profondément dans le cœur de quelqu'un, se réveiller et s'endormir à côté de l'être aimé. 

Il regarda son jardin avec mélancolie. 

- J'ai bien essayé, de construire des relations, mais il paraît que je suis invivable. D'ailleurs, mon maître d'hôtel, que je paye quand même 15K par mois, je vois bien qu'il soupire de temps en temps. Je ne parle même pas de l'aide-soignante, elle dit que je suis une vraie tête de mule. Après mon séjour en prison, j'étais convaincu que le plus important, c'était la liberté. En fait, pas vraiment. 

Il se tourna vers Louis-Damien. 

- Quand tu as demandé un stylo, on parlait de ton portrait dans la bibliothèque des grands-parents de Gala. Enfin on parlait de Gala, je crois. Et il y a tellement de choses à dire ! Bravo, d'ailleurs, pour le traitement que vous avez découvert. J'ai lu votre article dans The Lancet, c'est fascinant. Ca me rappelle quand j'étais patron de Berdzini Pharma. 

Gaspard eut soudain une sévère envie de pisser. Il se leva et se dirigea vers les toilettes. 

Dans la cuisine, il avisa le paquet, posé sur le plan de travail, qui lui était destiné. Il reconnut tout de suite le sac Omega, il offrait de ces montres au conseil d'administration de FIFM, quand il était PDG de ce fonds d'investissement. Il sourit. C'était un sacré cadeau. Il ouvrit le paquet. C'était une magnifique speedmaster moonwatch professionnal, qui devait bien valoir dans les 4000 euros. Avec la montre, il y avait une carte. 

"Cette montre ne pourra pas rattraper le temps perdu, mais elle pourra compter le temps passé avec toi."

88 ans. Ancien ministre. Ancien PDG. Epicurien.
Biographie : https://wiki.froce.fr/index.php?title=Gaspard_Salcedo


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